| Le clignotant a une interface à l'usager fort simple : un
discret mais efficace levier habituellement à gauche du volant. Son
utilisation relève de l'insulte à l'intelligence : pour signaler qu'on
tourne à droite, il suffit de le soulever et pour signaler qu'on tourne à
gauche, de l'abaisser. Comble du luxe, toutes les voitures en sont
équipées, malgré les apparences.
«Tout le monde digne d'un permis de conduire doit savoir s'en servir»,
croyez-vous ? Arrêtez-vous ici naïfs, car nombre d'automobilistes
québécois ne maîtrisent pas encore cet art. C'est pourquoi ce petit guide
élaboré par un spécialiste - il utilise ses clignotants à chaque fois
qu'il se sert de son véhicule - devrait en aider certains à parfaire leur
technique.
Clignoter, c'est brillant !
Quelques règles de
base.
Pour tourner à gauche, on signale à gauche.
Pour tourner à droite, on signale à droite.
Quand on ne prévoit pas tourner, on ne signale d'aucun côté.
- Il faut toujours signaler son intention de tourner.
- Les gens ne devinent pas où l'autre conducteur va tourner. On ne
gaspille pas sa salive à expliquer que c'était «parfaitement évident» et
que c'est l'autre idiot qui n'a pas deviné où on allait tourner. On use
plutôt de son énergie pour mettre son clignotant.
Ces situations ne sont pas des exceptions:
- Votre auto n'est pas équipée de clignotants (en ce cas, les gestes
des cyclistes s'appliquent, même par temps froid).
- Il n'y a personne autour à moins de 20 km .
- Vous avez déjà mis votre clignotant pour le tournant précédent.
- Vous tournez toujours du même côté.
Quelques
perfectionnements
- Il faut signaler avant de tourner.
- Le clignotant signale une intention de tourner et ne fait pas que la
constater une fois le geste est amorcé. Accrocher le levier pendant la
manoeuvre du virage est aussi utile que de battre les oeufs une fois le
gâteau cuit.
- Il faut signaler raisonnablement à l'avance.
- Voici une règle pour les usagers du plus haut niveau. Où
signale-t-on ? À partir d'une certaine distance ou à partir d'un certain
temps ? Le temps me semble un meilleur facteur puisqu'il s'adapte
parfaitement aux conditions urbaines et à celles de haute vitesse.
Disons 4 à 5 secondes avant d'entreprendre la maneuvre.
- Attention! L'urbanité nous réserve parfois des surprises et le
rapprochement excessif des rues n'est pas la moindre. Veillez à ne pas
commencer à clignoter plus d'une rue à l'avance sous peine de causer un
accident aux conséquences fâcheuses pour vous, mais aussi pour votre
victime - particulièrement s'il s'agit d'un piéton.
- Les dépassements
- Quand on double une voiture - ce qui n'est pas un dépassement de soi
en soi - il faut encore se servir de son clignotant. Peut-être que les 5
secondes sont un délai trop long. Si vous respectez un délai de 3
secondes, vous demeurez dans les limites du raisonnable. Mais surtout,
ne le négligez pas en prétendant que l'autre conducteur ne peut pas vous
voir puisque « je suis en arrière de lui »!
Les feux d'urgence
(aussi appelé « 4 flasheurs »)
Ils ne servent qu'à signaler une situation exceptionnelle pour les
autres conducteurs, par exemple, lorsqu'on tire une charge
particulièrement large - plus de 8 pieds.
- Ces cas ne sont pas des exceptions:
- Il est exceptionnel que l'on roule aussi lentement.
- Il est exceptionnel que l'on passe par ce chemin.
- On ne prend sa voiture que le dimanche.
Quelques
conséquences
- Accident mortel ou avec blessés
- Rarement l'oubli du clignotant causera-t-il un accident mortel.
Un conducteur des plus négligents pourrait ne frapper qu'un seul cycliste
dans toute sa carrière après tout..
- Accident avec dommages aux véhicules
- Un autre automobiliste pourrait ne pas deviner notre évidente intention
de tourner et alors venir emboutir sa voiture justement du côté du
clignotant fautif.
- Humiliation publique
- Bien plus souvent qu'on ne le pense, ces chauffards se font humilier
à cause de leur négligence. En fait, il est fort possible qu'à chaque
tournant où ils oublient leur clignotant, un automobiliste qui les
voit agir ainsi s'exclame l'une des phrases suivantes:
- «Les flasheurs viennent en option su' ces chars-là !»
- «?%#&* d'colon!»
- Ou simplement discréditer le chauffeur en question et prendre pour
acquis qu'il n'est qu'un abruti. C'est d'ailleurs l'option à laquelle
je m'en remets moi-même le plus souvent.
- Cas embêtants
- Certaines situations vous embêtent? Devrais-je ou ne devrais-je
pas signaler mon intention de tourner? Ici ou plus tard? N'hésitez
pas à le demander à notre
spécialiste.
BONI Les feux
de jour
Maintenant que vous êtes sensibilisé(e)s à l'utilisation des éléments
lumineux de votre véhicule automobile, il me semble dans l'ordre des
choses de vous offrir ces quelques conseils de pro sur l'utilisation des
phares.
Le
jour Contrairement à la croyance populaire, il n'est pas
nécessaire d'allumer ses phares à toute heure du jour. Pourtant, la
réglementation gouvernementale obligeant depuis 1990 les constructeurs
automobiles à doter leurs produits d'un dispositif allumant
automatiquement les phares pourrait nous faire croire le contraire, tout
comme la façon lâche avec laquelle ceux-ci ont plié devant cette
directive. Voici donc quelques éclaircissements sur les occasions où il
est pertinent d'allumer ses feux de jour sur une voiture qui n'en est pas
équipée:
- Il fait beau et chaud entre avril et septembre: on les allume.
- Il fait plus frais entre septembre et avril: on les allume.
- Il fait soleil: on les allume.
- La pluie
- Il pleut d'est en ouest: on les allume.
- Il pleut d'ouest en est: on les allume.
- Il pleut du nord au sud: on les allume.
- Il pleut du sud au nord: on les allume.
- Il pleut de gauche à droite. *vérifier si l'un des 4 cas
sus-mentionné s'applique.
- Il verglasse à l'extérieur du triangle de glace: on les allume.
- Il neige des flocons tous différents les uns des autres: on les
allume.
- Il a neigé à Port-au-Prince, le ciel est plein bleu à Paris: on les
allume.
Et maintenant quelques cas où il ne faut pas les allumer:
- Il pleut de bas en haut: on ne les allume pas (car il n'est pas
recommandé de prendre son véhicule lors qu'on perçoit ce genre de
phénomène).
- Vos patins à roues alignées n'en sont pas équipés.
- Vous déplacez votre voiture dans votre cour.
- Vous allez seulement chercher quelque chose dans votre boîte à
gants.
La
nuit. Il n'est pas obligatoire d'utiliser ses feux de jour —
par définition — la nuit. Ne le faites que si ça vous permet d'y voir plus
clair.
La science du
clignotant de par le monde
Pour toujours plus de précisions sur l'utilisation des clignotants et
des phares de jour, je vous recommande «Ouvrez
le feu!», un extrait du texte que Jean-Luc Gouin à présenté à la
Commission parlementaire sur la sécurité routière. C'est d'ailleurs suite
à la lecture de ce texte que j'ai eu l'idée de vous renseigner sur les
feux de jour. Un texte illuminant, pour paraphraser je-sais-qui.
« Ils
conduisent de plus en plus souvent en parlant dans leur cellulaire, qu'on
appelle aussi portable. Ils ont donc une main sur le volant, l'autre à
hauteur d'oreille. Comme la ligne droite toujours droite rien que droite
n'existe pas, tôt ou tard ces conducteurs, qui bavardent, transigent et
accessoirement contredisent, sont appelés, c'est le cas de le dire, à
tourner comme à prendre un virage. Mettent-ils leur clignotant? Nenni!»
- Serge Truffault, Le cellulaire, agent du chaos, Le
Devoir du vendredi 13 novembre 1998.
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avez des suggestions ?
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Note L'auteur tient à remercier Robi Marsalis
pour sa contribution, particulièrement en ce qui concerne la conduite
urbaine.
Merci aussi à Francis Zegut et à toute l'équipe de son émission «Zikweb» qui
m'ont permis de publiciser mon site et plus particulièrement la science du
clignotant le 4 janvier 1999 grâce à une entrevue téléphonique en direct
sur les ondes de RTL.
© Francis
Gagnon, 1998. Tous droits réservés. |